Personnellement, je ne pense pas que le bio soit véritablement durable. J’aimerais vous dire pourquoi :
1-Produire bio ne signifie pas n’appliquer aucun pesticide. En viticulture, les les agriculteurs appliquent énormément de cuivre ou de soufre qui s’accumulent dans le sol et finissent par tuer la vie dans ces sols. Une preuve flagrante : si un agriculteur choisit de produire du blé à la place de ses vignes, il lui faut attendre au moins 3 ans que le cuivre et le soufre se soient déplacés dans les nappes phréatiques sinon son blé ne pousse tout simplement pas.
C’en est de même pour la fertilisation. Les producteurs bio ne doivent pas épandre d’engrais chimiques, par contre ils ont parfaitement le droit d’épandre du fumier, du lisier ou du guano qui sont naturels. Seulement ces produits naturels ne retiennent pas leur azote. En d’autres mots, dès la première pluie, des quantités très importantes de nitrates (plus importantes qu’avec des engrais chimiques à diffusion lente) ruissellent dans les eaux de surface et percolent dans les nappes.
2-Il existe des cas où le bio n’est pas une solution du tout. Deux exemples :
>La carie du blé (tilletia caries pour les latinistes) est un champignon qui s’attaque aux grains de blé en rongeant l’amidon du grain, ce qui lui donne une forte odeur de poisson pourri et le rend impropre à la consommation. Ce champignon peut rester en attente dans le sol plus de 10 ans. La carie avait quasiment disparue de France. Chose étonnante, elle réapparaît dans les champs de céréales biologiques depuis environ 5 ans. Les agriculteurs touchés sont obligés de traiter contre ce pathogène (traitement obligatoire pour éviter que la maladie ne se propage). Par conséquent, ils perdent leur certification biologique.
>Vous avez tous vus que cet été fut particulièrement humide. Les conditions météorologiques ont été particulièrement favorables au développement du mildiou sur les vignes (entre autres). Or, que s’est-il passé ? Les producteurs biologiques ont appliqué de la bouillie bordelaise en quantités astronomiques (voir ma remarque plus haut), et, en désespoir de cause, des producteurs (certainement pas tous) ont appliqué des produits non bio ! perdant ainsi leur certification plutôt que leur récolte. D’autres ont préféré faire une croix sur leur récolte en 2007 ! !
En conclusion, je pense que si la France choisi, comme c’est proposé dans ce groupe de travail, d’avoir 20% de ses surfaces en biologique, nous aurons un réel problème de carie du blé à résoudre (et il ne s’agit là que d’un exemple parmi d’autre). Et si on traite contre ce champignon, ce ne sera plus du bio ! ! ! Il y aura une telle fluctuation dans les quantités produites que les prix vont eux aussi varier de manière importante.
Mesdames et messieurs les experts, ne soyez pas dogmatiques, pourquoi considérer que la production durable passe obligatoirement par le bio ?