Dans ce débat sur le développement durable, je suis surpris que ne soit pas évoquée la durée de vie des produits. C’est pourtant un élément capital dans l’impact écologique et environnemental, mais aussi sur le plan psychologique, afin de lutter contre l’idée que tout est "jetable", y compris notre planète ! Les produits industriels sont fabriqués sur la base de recherches sur l’analyse de la valeur, en homogénéisant la durée de vie des composants sur une certaine durée de vie. Allonger cette durée de vie entrainerait des économies sur tous les plans, en augmentant la qualité des produits, et notamment en termes d’environnement. C’est ce qui se passe pour les ampoules électriques basse consommation, où la rentabilité est dûe à l’association des deux effets : économie d’énergie dépensée et amortissement de l’achat d’une ampoule pourtant plus chère sur une durée plus longue. Il me semble donc que la durée de vie devrait être affichée, au même titre que la classe de consommation.
Le critère prix, qui pourrait faire penser que le produit est plus robuste, n’est malheureusement pas suffisant, du fait de l’impact de la mode et du rapport offre-demande.
De même, on devrait pouvoir disposer de pièces de rechange sur la durée de vie du produit, au moins. Combien de téléphones portables changés parce que les batteries sont introuvables, de cafetières rachetées parce que le bol cassé ne se trouve plus en magasin, etc, etc. Sur les produits soumis à obsolescence technologique, il semble qu’il y a des pistes intelligentes, de réutilisation de certains composants anciens dans des produits technologiquement plus avancés.
En dehors de l’affichage de cette information de durée de vie, on pourrait envisager une modulation de l’écotaxe basée sur ce critère, et même, comme cela va se passer pour les ampoules "classiques" l’interdiction pure et simple des produits les moins performants. Parenthèse : pourquoi les halogènes ne sont-ils pas concernés ?
Pour inciter le consommateur à franchir la barrière du prix, pourquoi pas des facilités de paiement (crédit) en fonction de la durée de vie du produit ?
Sur le plan de l’emploi, les effets sont sans doute à étudier, mais ils ne sont pas forcément négatifs pour la France, du fait que la diminution de production due à l’augmentation de la durée de vie touche en premier lieu les produits bas de gamme importés. Un produit de qualité, d’une durée de vie plus longue, se prêterait mieux à certaines approches "écologiques" telles que la location de produit en lieu et place de l’achat.