Comme vous le soulignez tous, cette idée d’étiquette carbone et indiquant le caractère éthique d’un produit est très belle dans son principe. Mais rendons-nous bien compte qu’elle impose la traçabilité totale de toutes les filières et donc un libre accès à toute l’information pour le public. Soit une révolution totale des mentalités à opérer ! ! !
Pour que soit connue l’origine de la viande de boeuf après les épisodes de la vache folle, il a déjà fallu déployé des trésors d’énergie. Si désormais il faut pour chaque produit connaître tous les ingrédients qui le compose, leur provenance respective et les installations qui ont servi aux différentes transformations successives, la provenance des emballages, des matières premières de ceux-ci et les divers trajets fait par tous ces composants puis par le produit fini, je vous laisse bien imaginer qu’on a du mal à s’en sortir. Je vous laisse réfléchir à ce que pourrait représenter le travail demandé pour une voiture complète par exemple.
La traçabilité totale est souhaitable, mais elle n’est pas réalisable à moyen terme, car elle représente un travail de titan. A moins que les distributeurs de supermarché ne se mettent à exercer une forte pression sur leurs fournisseurs, car on sait qu’à ce niveau leur poids est très grand. Cela pourra passer pour les producteurs français et même européens, mais dès qu’il s’agira d’aller plus loin, de nombreux obstacles viendront se dresser. Or ce sont justement les produits étrangers qui sont visés car leur coût de transport a parfois un impact énorme au niveau des émissions de gaz à effet de serre.
Alors oui à la traçabilité mais il faudra que les consommateurs comprennent que pour être sûrs de ce qu’ils achètent il est préférable d’acheter local. Là l’OMC risque de fourrer son nez dans ce genre de "combines" de préférence nationale. On progressera donc par petits pats car les barrières à franchir sont très hautes !