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Quel modèle économique pour l’école 2.0 ?
Message écrit le 11/02/2008 par H2G2.0

Le premier point de la réflexion confiée à la mission E-educ porte sur le développement d’une offre logicielle adaptée à la communauté éducative.

Le basculement vers les Espace Numérique de Travail (E.N.T.) est un enjeu très couteux pour les collectivités locales. Au coût du matériel peut venir s’ajouter le coût exorbitant des logiciels. C’est aussi un enjeu humain d’encadrer cette transition pour les collègues les moins en pointe dans ce domaine.

Il existe aujourd’hui une offre fiable et performante en logiciels libres. Au-delà d’une philosophie plus compatible avec les valeurs de l’éducation car axée sur la coopération et le partage du savoir plutôt que sur la concurrence et l’exploitation d’une rente, cette offre permettrait d’alléger considérablement le coût de ce passage aux E.N.T.

Il existe aussi parmi les enseignants une communauté très active dans ce domaine, prête à encadrer et à faciliter le passage vers cette offre libre, plutôt que de dépendre de l’assistance incertaine d’un fournisseur privé. Les utilisateurs des couteuses hotlines des F.A.I. en savent quelque chose.

Et pourtant, il suffit de se pencher sur le deuxième point de la mission pour s’apercevoir qu’on s’oriente d’office vers un modèle économique, le Partenariat Public-Privé...

Ce que confirme la composition de la mission : IBM, Microsoft, Syntec, HP...

Manifestement, la réponse est déjà dans la question.

Alors quel est le réel objectif de ce forum ?

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FredQ
13/02/2008
Quel modèle économique pour l’école 2.0 ?

Doit-on utiliser cet outil au cours des heures d’accompagnement éducatif après la classe. Dans ce cadre, souhaitez-vous que les élèves puissent avoir un accès à tout internet ou à un environnement intranet sécurisé ? Oui à l’usage des TIC en accompagnement. L’accès aux ressources d’internet sans contrôle est un risque, mais en dehors de l’établissement scolaire, les élèves pratiquent de toute façon internet sous le contrôle ou dans l’absence de contrôle familial. Se priver des ressources d’Internet au motif de les protéger des risques serait dommage, comme un hommage rendu aux lobbies moralistes. La réalité est qu’internet à la maison nécessite une éducation que seule l’école est à même d’assumer pour les élèves qui en sont dépourvus à la maison, et qui implique la sincérité de la part de l’institution : nos ressources pédagogiques conduisent à l’éducation et à la connaissance, mais les usages d’internet ne sont pas sans risque, comme la conduite dans la vie réelle. La diffusion de proxis filtrants peut-elle contribuer à limiter la plus grande part des risques, sans exclure l’usage d’internet ?

Que pensez-vous de l’idée, pour les enseignants, de mettre leurs cours en ligne pour qu’ils puissent être utilisés par d’autres enseignants ou par d’autres élèves ? Elle est déjà promue et mise en oeuvre par PrimTice par exemple, et les sites dédiés à l’éducation. Elle est absolument intéressante, mais nécessite, à côté du dépôt volontaire, un travail de détection et de distinction de la ressource vraiment transférable et didactiquement opportune par rapport à la notion enseignée. Une question sensible sur ce thème de la contribution des enseignants : pourquoi les communautés françaises de Moodle et de Sésamaths ne sont-elles pas représentées dans la commission ? Avec Moodle, gratuit, libre de droits, soutenu par une communauté mondiale parmi les plus actives au monde, et des dizaines d’entreprises informatiques (des PME ou des services informatiques d’universités), un ENT modulaire dédié à l’éducation, à la scénarisation de toutes les productions pédagogiques longues (séquences de cours) avec devoirs, leçons, tests, gestion des notes, blogs, wikis, forums, tchats, messagerie instantanée, un ENT à l’architecture standard, adoptées par des écoles de 40 élèves, et des universités de 40.000 étudiants ? ... Avec Sésamaths, des outils interactifs créés par des professeurs de mathématiques militants pédagogiques, d’une telle qualité qu’ils conquièrent le marché français, et se diffusent à l’étranger ? Les 15% que Sésamaths s’est approprié sur le marché de l’édition des manuels de maths au collège, qui correspondent à une grande partie de la marge des éditeurs commerciaux, est-il un élément de la réponse à la question ? La composition de la commission confirme-t-elle que le budget de l’Education Nationale doit soutenir le marché de l’édition au mépris des solidarités professionnelles de grande valeur, manifestées par les enseignants de Moodle et Sésamaths ?

H2G2.0
14/02/2008
Quel modèle économique ?

Toutes vos remarques soulignent à la fois toutes les possibilités et toutes les dérives possibles.

Les TICE ne seront jamais qu’un moyen supplémentaire d’apprentissage au côté des autres. Un moyen avec des potentialités nouvelles en terme de pédagogie, de mise en autonomie créatrice, de co-construction des connaissances et des compétences entre les élèves, entre le professeur et les élèves. Mais juste un moyen de plus. Ni plus, ni moins.

Comme vous le dites, il existe déjà tout une communauté en action. Pourquoi faire table rase de toute cette expérience ? Pourquoi exclure de la mission tous ceux qui ont déjà avancé dans ce domaine ?

Malheureusement, quand on regarde la composition de cette mission, l’orientation préalable vers le fameux partenariat public-privé qui n’est qu’une forme de privatisation en trompe-l’oeil, on ne peut se faire beaucoup d’illusions.

On peut même se demander si l’objectif de cette mission n’est pas de canaliser ces expériences pionnières tournées vers le libre afin de les ré-orienter vers un modèle privé mais financé par l’argent public...

Car tout dépend de ce que l’on attend des Tice :

Offrir de nouvelles possibilités d’apprentissage comme on l’a dit plus haut ou...

Former des salariés immédiatement efficaces capables d’utiliser les nouvelles technologies dans le cadre professionnel.

D’après vous, sans être manichéen, vers quel objectif va se tourner la mission ?

FredQ
14/02/2008
Socialisation des pertes et privatisation des profits en éducation ?

Sans être manichéen smiley... La construction sociale des savoirs est une proposition pédagogique riche de potentiels pour l’éducation -avec ou sans TICe- au dialogue social et à l’auto-formation, à la négociation et à la promotion des personnes. Dans une société figée par les idéologies et les corporatismes nés de l’après-guerre, c’est un mode de transmission des savoirs qui n’est pas favorisé par le système éducatif : les conservateurs de tous bords y voient un risque majeur pour la conservation de leurs intérêts. Au XXIème siècle, les entreprises du savoir ont besoin d’une pyramide très communicante et très participative pour réussir.

Dans ce pays, si le système éducatif connaît une grande difficulté à former la moitié des élèves les plus faibles, la moitié supérieure n’est pas si pénalisée : dans les deux cas, les faiblesses et les forces familiales surdéterminent les destins, ce qui est dramatique : les représentations sociales de classe sont renforcées par la fracture éducative, et renforcent les idéologies extrémistes et les conservatismes corporatistes.

Les dotations budgétaires de l’EN ne sont pas le problème : les budgets alloués en France sont plutôt de haut niveau par rapport au PIB (encore qu’ils favorisent l’école primaire au détriment de l’enseignement supérieur). Ce qui est grave, c’est que le service public d’éducation tarde à former ses enseignants, à la fois aux TICe, et à la fois à la conception, à l’organisation et à la gestion de la socio-construction des savoirs à l’école. Les deux questions sont vicieusement/vertueusement liées : le rapport ICT impact report de Décembre 2006, le montre parfaitement, dans une stimulante étude comparée des systèmes éducatifs européens de 1995 à 2005, publié par le réseau Européan Schoolnet, dans le cadre de la mission TIC de la Communauté Européenne (googlez le titre). Si la Commission Européenne ne peut être soupçonnée de gauchisme, elle recommande néanmoins à l’issue de ce travail très stimulant, de favoriser la construction sociale des apprentissages dans tous les systèmes éducatifs européens, notamment par l’usage déterminé des TICe, qui sont, à condition d’un effort soutenu et durable de formation et d’incitation, un outil favorisant ce mode de relation aux savoirs. A CONDITION DE STIMULER et PROMOUVOIR LES INITIATIVES INDIVIDUELLES ET COLLECTIVES (pourquoi pas celles du libre ?).

La commission représente, par sa composition, une conception mécaniste et financière de l’informatique et aucune aspiration à associer les énergies collectives du monde libre : équipez, il en restera toujours quelque chose ! Oui, des profits économiques pour les prestataires, des pertes nettes pour la société, en termes comptables et humains. Je plaide pour un investissement formatif inouï, par les TICe, sans exclure les militants et les professionnels engagés dans leurs métiers et leurs vocations : les valeurs des éducateurs engagés et des entreprises du savoir convergent vers l’intérêt général.

FredQ
12/02/2008
Quel modèle économique pour l’école 2.0 ?

En quoi l’usage des ordinateurs, d’Internet et des outils multimédias dans l’enseignement peut-il faire évoluer la pédagogie et l’organisation de la classe ? Relation par dessus l’épaule dans le cadre du réseau, forte appétence des animations en situation de démonstration, accès à des ressources audio-visuelles en ligne, adaptation des ressources logicielles à divers modes de transmission des savoirs - du mode transmissif à la socio-construction des savoirs-, extension de l’espace et du temps de travail de la classe au domicile, scolarisation de la culture technologique et médiatique aux fins de démocratisation des TIC face à l’inégalité des équipements et des pratiques culturelles des familles...

L’utilisation d’Internet peut-elle faciliter les relations entre les parents et l’école, les élèves et les enseignants ? Sans éthique, non. Sans investissement formatif, sans liberté des établissements et des équipes dans le choix des applications, non. Sans référence aux ressources Open-Source, sans représentant des promoteurs des ressources libres dans la commission, non.

Quelles applications (soutien scolaire, livret scolaire, cahier de texte, espaces de discussions...) souhaiteriez-vous principalement pouvoir faire en ligne dans le domaine scolaire ? une ou des applications gratuites et libres de droit, développées par des communautés actives, fondées sur des architectures informatiques éprouvées et durables, favorisant une culture internationale excluant des développements nationaux d’applicatifs pédagogiques remis en cause par des décisions autocratiques (Jade ?). Réservez les logiciels systèmes aux sociétés commerciales et aux personnels qualifiés, ouvrez les applicatifs pédagogiques au libre !

Pensez-vous que les technologies de la communication et de l’information sont utilisables dans toutes les matières ? Dans tous les cas, pourquoi ? OUI. Pourquoi exclure l’enseignement d’une discipline ? Au nom de quel principe pédagogique, sinon au nom de résistances éventuelles du corps disciplinaire ?

A votre avis, leur apprentissage doit-il être intégré à chaque matière enseignée ou faire l’objet d’un enseignement spécifique ? Pourquoi ? S’agit-il d’un enseignement purement technique ou doit-il apporter aux élèves un regard critique sur l’outil multimédia et les contenus qu’il véhicule ? Il faut l’intégrer à chaque matière, comme ressource d’enseignement et d’apprentissage, et non comme somme de savoirs décontextualisés.... Il doit également faire l’objet d’un usage critique sur la chaine de production médiatique et sur la responsabilité personnelle dans l’usage et la diffusion des ressources. En ce sens, la composition de la commission reflète-t-elle les aspirations à une citoyenneté active dans l’usage des TIC ?

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